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La figure d'Abraham : acteur ? marionnettiste ? marionnette ?
Dans la mise en scène d'Alain Lecucq, l'identité d'Abraham passe alternativement d'une figurine de papier à son interprétation par l'acteur qui la manipule.
© Papierthéâtre
J'ai pris ce risque d'incarner Abraham, allongé dans mon tombeau pour amener le public vers le théâtre de papier, de jouer seul, d'essayer sur quatre mètres de donner cette impression de cheminement et de jouer sur l'horizontalité du plateau avec des boîtes aux lettres qui s'ouvraient derrière Abraham pour donner l'idée d'une circulation.
Tout est finalement question d'équilibre entre la forme minimaliste du théâtre de papier et l'interprète qui doit suffisamment de puissance aux personnages de papier.
Ce qu'explique la journaliste Evelyne Lecucq dans le journal de l'ORCCA en 2002 :
Lorsque la figurine d'Abraham en deux dimensions échappe à l'espace restreint du théâtre de papier où se "rejoue" le sacrifice de son enfant dans la première scène - telle l'empreinte perpétuellement ravivée d'un acte primordial - pour changer soudainement d'échelle et s'incarner dans le corps d'Alain Lecucq, acteur non maquillé, la perspective du spectateur en est modifiée, elle aussi, et laisse entrevoir une piste de questionnements : la vie d'Abraham n'est-elle pas un raccourci de celle de l'humanité ? Combien de leurs fils les hommes ont-ils offerts en holocauste aux grandes utopies ? Avec sensualité, avec naïveté, avec confiance, la parole du patriarche se livre. Son orgueil d'homme "élu" de Dieu, sa faiblesse face aux différents pouvoirs, son espoir aveugle en une terre "promise" ne se défont jamais d'un immense amour pour sa femme, d'un immense amour pour la vie : " Mon bois d'ambre et de musc. Il y a un temps pour rêver, un temps pour désespérer. Un temps pour l'amour et l'éternité pour la blessure. Viens, allons dormir à Makpéla. J'ai mis sur ta pierre tous les parfums d'Arabie, de la rose musquée, de la rose poivrée et des pierres d'ambre." Tantôt de carton, tantôt de chair, Abraham arpente son tombeau comme son passé avec une foi irréductible en la fatalité. Le sens de son existence est éternellement voué à être enfermé dans ce qui est écrit.
La figure d'Abraham : acteur ? marionnettiste ? marionnette ?
Dans la mise en scène d'Alain Lecucq, l'identité d'Abraham passe alternativement d'une figurine de papier à son interprétation par l'acteur qui la manipule.
© Papierthéâtre
J'ai pris ce risque d'incarner Abraham, allongé dans mon tombeau pour amener le public vers le théâtre de papier, de jouer seul, d'essayer sur quatre mètres de donner cette impression de cheminement et de jouer sur l'horizontalité du plateau avec des boîtes aux lettres qui s'ouvraient derrière Abraham pour donner l'idée d'une circulation.
Tout est finalement question d'équilibre entre la forme minimaliste du théâtre de papier et l'interprète qui doit suffisamment de puissance aux personnages de papier.
Ce qu'explique la journaliste Evelyne Lecucq dans le journal de l'ORCCA en 2002 :
Lorsque la figurine d'Abraham en deux dimensions échappe à l'espace restreint du théâtre de papier où se "rejoue" le sacrifice de son enfant dans la première scène - telle l'empreinte perpétuellement ravivée d'un acte primordial - pour changer soudainement d'échelle et s'incarner dans le corps d'Alain Lecucq, acteur non maquillé, la perspective du spectateur en est modifiée, elle aussi, et laisse entrevoir une piste de questionnements : la vie d'Abraham n'est-elle pas un raccourci de celle de l'humanité ? Combien de leurs fils les hommes ont-ils offerts en holocauste aux grandes utopies ? Avec sensualité, avec naïveté, avec confiance, la parole du patriarche se livre. Son orgueil d'homme "élu" de Dieu, sa faiblesse face aux différents pouvoirs, son espoir aveugle en une terre "promise" ne se défont jamais d'un immense amour pour sa femme, d'un immense amour pour la vie : " Mon bois d'ambre et de musc. Il y a un temps pour rêver, un temps pour désespérer. Un temps pour l'amour et l'éternité pour la blessure. Viens, allons dormir à Makpéla. J'ai mis sur ta pierre tous les parfums d'Arabie, de la rose musquée, de la rose poivrée et des pierres d'ambre." Tantôt de carton, tantôt de chair, Abraham arpente son tombeau comme son passé avec une foi irréductible en la fatalité. Le sens de son existence est éternellement voué à être enfermé dans ce qui est écrit.