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Une rencontre entre l’art brut et un espace en crise
(France), 1999 © Clastic Théâtre
Laisser la parole aux objets, faire entendre une parole étouffée. C’est à partir de ces hypothèses de recherche que travaille François Lazaro. Il met pleinement à l’œuvre ce principe de mise à l’écoute de la matière lorsqu’il crée, en 2013, Des hurlements montaient le long des saules pleureurs. Le processus de création de cette œuvre détermine l’hybridité de sa forme et met en œuvre un langage marionnettique, étranger à la manipulation d’objets.
Avant les Hurlements, François Lazaro, particulièrement sensible à l’art brut avait collaboré sur plusieurs spectacles avec Francis Marshall, qui se qualifie lui-même d’artiste « hors les normes ». Le sculpteur avait créé les pantins articulés d’Entre chien et loup (1994) et du Rêve de votre vie (1999). Avec les Hurlements, François Lazaro souhaite non plus travailler avec ses objets créés spécifiquement pour la scène mais rendre hommage à l’ensemble de son œuvre, sculpturale, plastique et littéraire.
Cette création est par ailleurs l’aboutissement d’un travail commencé avec les Mémoires du cavalier invisible (2006), pour lesquelles les deux artistes avaient travaillé dans plusieurs villes du bassin minier d'Ostrevent, à partir de témoignages d'ancien·ne·s mineurs et ouvrier·e·s des chemins de fer. Après une première création en 2012 à Clichy, ils ont l’occasion de poursuivre ce travail lorsque le Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes leur propose une résidence d’un an avec les habitant·e·s de Nouzonville, une commune ardennaise économiquement sinistrée. Cette ville de la vallée de la Meuse, dont l'économie fondée au siècle dernier sur le travail du fer s’est effondrée, est aujourd'hui profondément touchée par la crise de la désindustrialisation. Les Hurlements émanent donc d’une triple rencontre entre une histoire locale, un univers plastique « hors les normes » et une écriture dramaturgique marionnettique. Le mutisme des pantins de Marshall, ces « bourrages » faits de collants usés, emplis de crin végétal, de vieux vêtements et de mousse à matelas, y entretient un dialogue sourd avec les voix étouffées des prolétaires ardennais·e·s.
Une rencontre entre l’art brut et un espace en crise
(France), 1999 © Clastic Théâtre
Laisser la parole aux objets, faire entendre une parole étouffée. C’est à partir de ces hypothèses de recherche que travaille François Lazaro. Il met pleinement à l’œuvre ce principe de mise à l’écoute de la matière lorsqu’il crée, en 2013, Des hurlements montaient le long des saules pleureurs. Le processus de création de cette œuvre détermine l’hybridité de sa forme et met en œuvre un langage marionnettique, étranger à la manipulation d’objets.
Avant les Hurlements, François Lazaro, particulièrement sensible à l’art brut avait collaboré sur plusieurs spectacles avec Francis Marshall, qui se qualifie lui-même d’artiste « hors les normes ». Le sculpteur avait créé les pantins articulés d’Entre chien et loup (1994) et du Rêve de votre vie (1999). Avec les Hurlements, François Lazaro souhaite non plus travailler avec ses objets créés spécifiquement pour la scène mais rendre hommage à l’ensemble de son œuvre, sculpturale, plastique et littéraire.
Cette création est par ailleurs l’aboutissement d’un travail commencé avec les Mémoires du cavalier invisible (2006), pour lesquelles les deux artistes avaient travaillé dans plusieurs villes du bassin minier d'Ostrevent, à partir de témoignages d'ancien·ne·s mineurs et ouvrier·e·s des chemins de fer. Après une première création en 2012 à Clichy, ils ont l’occasion de poursuivre ce travail lorsque le Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes leur propose une résidence d’un an avec les habitant·e·s de Nouzonville, une commune ardennaise économiquement sinistrée. Cette ville de la vallée de la Meuse, dont l'économie fondée au siècle dernier sur le travail du fer s’est effondrée, est aujourd'hui profondément touchée par la crise de la désindustrialisation. Les Hurlements émanent donc d’une triple rencontre entre une histoire locale, un univers plastique « hors les normes » et une écriture dramaturgique marionnettique. Le mutisme des pantins de Marshall, ces « bourrages » faits de collants usés, emplis de crin végétal, de vieux vêtements et de mousse à matelas, y entretient un dialogue sourd avec les voix étouffées des prolétaires ardennais·e·s.