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Début de partie marionnettique
© Compagnie Hubert Jappelle
Première pièce montée avec des marionnettes, Fin de partie de Beckett semble avoir longtemps fasciné Hubert Jappelle. A partir de la première création en 1968 à Châteauneuf de Gadagne, le metteur en scène cent fois sur le métier remettra son ouvrage : au Festival d’Avignon-off en 1970, au Carrefour du Théâtre d’animation de Villeneuve-Lès-Avignon et au Congrès Mondial des Marionnettes de Cergy-Pontoise en 1972, puis en 1973, 1974, 1975, 1990 avec une version pour acteurs, 2003. Pudiquement, Hubert Jappelle « esquisse l’idée d’une sorte de nécessité personnelle à chacun des spectacles montés, comme un fil conducteur, intime, une ligne pointillée au travers de sa propre vie » (2).
Après avoir étudié le violon et les arts plastiques, Hubert Jappelle s’installe en Avignon en 1957 où il poursuit ses études aux Beaux-Arts. Imprégné de l’esprit du Cartel (Dullin, Jouvet, Baty et Pitoëff), de Vilar, du TNP et d’un « état d’esprit ouvrier de la chose théâtrale » (3), il fonde sa compagnie en 1959 et inaugure deux ans plus tard, une petite salle, le Théâtre des Sources. Véritable bravade, le metteur en scène devient l’un des pionniers du Festival off d’Avignon, investi en tant que régisseur pour le Festival de 1966 à 1968. Théoricien de sa recherche, alternant les mises en scène avec comédiens et marionnettes, Hubert Jappelle considère que « l’interprète [tant acteur que marionnette] n’existe [que s’il] réussit à faire exister l’œuvre. […] L’exigence de l’interprète, son ambition artistique, est la condition de sa complète jouissance de l’œuvre, c’est à une nécessaire symbiose réalisée entre l’œuvre et l’interprète que le public doit […] son bonheur » (4). Cette union entre l’œuvre, l’interprète et le public reste l’enjeu de sa quête, tant de metteur en scène que d’humain. « N’obéissant à aucune tradition technique, il invente pour chaque mise en scène une forme épurée, parfois en deux dimensions avec des découpes de carton, toujours très graphiques, ainsi qu’un genre de manipulation minimaliste qui focalise l’attention du spectateur sur l’écoute » (5), commente la journaliste Evelyne Lecucq.
3. Hubert Jappelle, entretien avec Véronica Door, Pierre Blaise et l’auteure, Théâtre de l’Usine, Eragny-sur-Oise, juillet 2018
4. Hubert JAPPELLE, Les Enjeux de l’interprétation théâtrale, Paris : L’Harmatan, 1997
5. Evelyne LECUCQ, commentaires d’archives INA, « Extraits de la pièce Fin de partie », Le Théâtre, 19 mai 1968, vidéo en ligne, consultée en septembre 2018 : consulter.
Début de partie marionnettique
© Compagnie Hubert Jappelle
Première pièce montée avec des marionnettes, Fin de partie de Beckett semble avoir longtemps fasciné Hubert Jappelle. A partir de la première création en 1968 à Châteauneuf de Gadagne, le metteur en scène cent fois sur le métier remettra son ouvrage : au Festival d’Avignon-off en 1970, au Carrefour du Théâtre d’animation de Villeneuve-Lès-Avignon et au Congrès Mondial des Marionnettes de Cergy-Pontoise en 1972, puis en 1973, 1974, 1975, 1990 avec une version pour acteurs, 2003. Pudiquement, Hubert Jappelle « esquisse l’idée d’une sorte de nécessité personnelle à chacun des spectacles montés, comme un fil conducteur, intime, une ligne pointillée au travers de sa propre vie » (2).
Après avoir étudié le violon et les arts plastiques, Hubert Jappelle s’installe en Avignon en 1957 où il poursuit ses études aux Beaux-Arts. Imprégné de l’esprit du Cartel (Dullin, Jouvet, Baty et Pitoëff), de Vilar, du TNP et d’un « état d’esprit ouvrier de la chose théâtrale » (3), il fonde sa compagnie en 1959 et inaugure deux ans plus tard, une petite salle, le Théâtre des Sources. Véritable bravade, le metteur en scène devient l’un des pionniers du Festival off d’Avignon, investi en tant que régisseur pour le Festival de 1966 à 1968. Théoricien de sa recherche, alternant les mises en scène avec comédiens et marionnettes, Hubert Jappelle considère que « l’interprète [tant acteur que marionnette] n’existe [que s’il] réussit à faire exister l’œuvre. […] L’exigence de l’interprète, son ambition artistique, est la condition de sa complète jouissance de l’œuvre, c’est à une nécessaire symbiose réalisée entre l’œuvre et l’interprète que le public doit […] son bonheur » (4). Cette union entre l’œuvre, l’interprète et le public reste l’enjeu de sa quête, tant de metteur en scène que d’humain. « N’obéissant à aucune tradition technique, il invente pour chaque mise en scène une forme épurée, parfois en deux dimensions avec des découpes de carton, toujours très graphiques, ainsi qu’un genre de manipulation minimaliste qui focalise l’attention du spectateur sur l’écoute » (5), commente la journaliste Evelyne Lecucq.
3. Hubert Jappelle, entretien avec Véronica Door, Pierre Blaise et l’auteure, Théâtre de l’Usine, Eragny-sur-Oise, juillet 2018
4. Hubert JAPPELLE, Les Enjeux de l’interprétation théâtrale, Paris : L’Harmatan, 1997
5. Evelyne LECUCQ, commentaires d’archives INA, « Extraits de la pièce Fin de partie », Le Théâtre, 19 mai 1968, vidéo en ligne, consultée en septembre 2018 : consulter.