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Origines de la marionnette africaine
Photo Christophe Loiseau.
Musée de l'Ardenne.
Ses origines restent incertaines. Les plus vieilles traces retrouvées remontent à l’Antiquité, mais elles ne concernent que l’Egypte(1). Pour le reste du continent, il est difficile de définir quand a eu lieu l’apparition des premières effigies. Nous savons cependant que les traditions existantes étaient bien ancrées lorsque les colons européens sont arrivés au XIXe siècle, avec leurs propres marionnettes. La colonisation a eu un impact important sur les formes marionnettiques et les effigies africaines. A cause de la répression religieuse, des autodafés, du pillage(2), les traditions ont beaucoup souffert, et ont été diminuées voire ont disparu selon les endroits.
« Objets transitionnels – état de mort, état de vie – les marionnettes sont présentes dans les mythes où l’on explique leurs origines. »(3)
Comme pour le théâtre d’ombres asiatique, il existe des origines légendaires des marionnettes africaines, qui sont généralement liées aux esprits et à la mort. Selon un mythe des Ibibio du Nigeria, Akpan Etuk Ukyo aurait réussi à atteindre le monde souterrain des morts et des ancêtres et à en revenir avec des « marionnettes », tel Prométhée ramenant le feu aux hommes. Une autre légende du Nigeria raconte que les « marionnettes » ont été données aux hommes par un village de femmes magiciennes. Chez les Bozo, au Mali, l’art de la « marionnette » aurait été révélé par des génies de la brousse à un pêcheur qui aurait ensuite initié les autres pêcheurs.
A travers les siècles, les effigies africaines ont eu différentes fonctions qui sont très mêlées : rituelle, magique, éducative, divertissante. La fonction rituelle est l’une des plus connues. Les rites dans lesquels sont impliquées les effigies sont de natures diverses : ils sont divins, judiciaires, initiatiques, funéraires. Ils font partie intégrante du quotidien de nombreux peuples africains.
- Lors des fêtes dans les temples et des rites funéraires, des statues sacrées étaient animées par les prêtres à l’aide de cordes.
- Nous entendons ici pillage dans deux sens : le pillage dans sa définition première, c'est-à-dire le dépouillement des biens ; mais aussi l'achat d'objets aux peuples africains par les colons dans le but de créer des collections privées ou des expositions dans les musées occidentaux. Dans les deux cas, les effigies sont extraites de leur contexte habituel pour devenir des objets d'art dont la valeur est généralement purement esthétique.
- DARKOWSKA-NIDZGORSKI, Olenka, Marionnettes en territoire africain, Charleville-Mézières : Institut International de la Marionnette, 1991
Origines de la marionnette africaine
Photo Christophe Loiseau.
Musée de l'Ardenne.
Ses origines restent incertaines. Les plus vieilles traces retrouvées remontent à l’Antiquité, mais elles ne concernent que l’Egypte(1). Pour le reste du continent, il est difficile de définir quand a eu lieu l’apparition des premières effigies. Nous savons cependant que les traditions existantes étaient bien ancrées lorsque les colons européens sont arrivés au XIXe siècle, avec leurs propres marionnettes. La colonisation a eu un impact important sur les formes marionnettiques et les effigies africaines. A cause de la répression religieuse, des autodafés, du pillage(2), les traditions ont beaucoup souffert, et ont été diminuées voire ont disparu selon les endroits.
« Objets transitionnels – état de mort, état de vie – les marionnettes sont présentes dans les mythes où l’on explique leurs origines. »(3)
Comme pour le théâtre d’ombres asiatique, il existe des origines légendaires des marionnettes africaines, qui sont généralement liées aux esprits et à la mort. Selon un mythe des Ibibio du Nigeria, Akpan Etuk Ukyo aurait réussi à atteindre le monde souterrain des morts et des ancêtres et à en revenir avec des « marionnettes », tel Prométhée ramenant le feu aux hommes. Une autre légende du Nigeria raconte que les « marionnettes » ont été données aux hommes par un village de femmes magiciennes. Chez les Bozo, au Mali, l’art de la « marionnette » aurait été révélé par des génies de la brousse à un pêcheur qui aurait ensuite initié les autres pêcheurs.
A travers les siècles, les effigies africaines ont eu différentes fonctions qui sont très mêlées : rituelle, magique, éducative, divertissante. La fonction rituelle est l’une des plus connues. Les rites dans lesquels sont impliquées les effigies sont de natures diverses : ils sont divins, judiciaires, initiatiques, funéraires. Ils font partie intégrante du quotidien de nombreux peuples africains.
- Lors des fêtes dans les temples et des rites funéraires, des statues sacrées étaient animées par les prêtres à l’aide de cordes.
- Nous entendons ici pillage dans deux sens : le pillage dans sa définition première, c'est-à-dire le dépouillement des biens ; mais aussi l'achat d'objets aux peuples africains par les colons dans le but de créer des collections privées ou des expositions dans les musées occidentaux. Dans les deux cas, les effigies sont extraites de leur contexte habituel pour devenir des objets d'art dont la valeur est généralement purement esthétique.
- DARKOWSKA-NIDZGORSKI, Olenka, Marionnettes en territoire africain, Charleville-Mézières : Institut International de la Marionnette, 1991