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Introduction
Un jour de fête à Pélenguéna, janvier 2002. Avant que le spectacle ne commence, les jeunes de l'association se retrouvent dans une cour pour partager un repas. Il s'agit de prendre des forces avant une nuit de fête qui s'annonce éprouvante pour les danseurs, les comédiens, les musiciens et les chanteuses. Les dernières retouches sont apportées aux costumes des créatures mystérieuses et multicolores qui vont danser le soir même. Les masques et les marionnettes, fraîchement repeints pour la fête, arborent leurs vives couleurs comme un présage de bonne humeur. Les castelets en forme d'animaux, recouverts de paille et d'étoffes chatoyantes, attendent d'être amenés jusqu'à la place de danse. La soirée se déroule sur la grande place du quartier de Pélenguéna à Ségou. L'ambiance est joyeuse. Les habitants de Pélenguéna et des alentours arrivent petit à petit, chacun arborant une tenue de fête colorée et raffinée. La danse des masques et des marionnettes Sogobò est un événement important auquel chacun souhaite participer. L'affluence est telle que la place est à pein assez grande pour accueillir tout le monde. Les plus audacieux montent sur les toits ou sur les branches des arbres voisins. Au début de la soirée, l'agitation est à son comble. L'orchestre joue, les enfants dansent, crient et se chahutent, le public exprime bruyamment sa joie et son impatience... Les danseurs arrivent les premiers sur la place de danse. Après quelques acrobaties et facéties, ils quittent la place. A peine quelques minutes après, les voilà de retour accompagnés des acteurs majeurs de la soirée, les maques et les marionnettes. Ces créatures mystérieuses surgissent brusquement à travers la foule et prennent possession de la place de danse. Les applaudissements et les exclamations fusent de toutes parts. Les imposants castelets en forme de buffle, de vache ou d'antilope dansent majestueusement au centre de la place, acclamés par le public. Ils s'immobilisent enfin ; les marionnettes juchées sur leur dos ou sur leur tête prennent alors vie pour le plus grand plaisir du public. Les castelets sont d'énormes animaux dont le corps est constitué d'une armature rigide, en bois ou en bambou, recouverte de paille et de tissu coloré. Leur stature majestueuse permet à deux ou trois hommes d'y prendre place. A l'avant des castelets sont fixées des têtes d'animaux en bois sculpté, elles aussi de taille imposante : certaines mesurent plus de deux mètres de haut. Outre ces gros animaux portant sur leur dos de petits personnages animés, le spectacle est assuré par d'immenses marionnettes habitables et de danseurs masqués. Ces créatures colorées qui envahissent tour à tour la place de danse, incarnent des animaux, des hommes ou des esprits. Entre chaque performance de masques ou de marionnettes, des intermèdes sont assurés par les acrobates, les danseurs et les pitres de l'association. De temps à autre, la place est offerte au public afin que les plus audacieux puissent venir danser et laisser libre cours à leur talent. Le spectacle riche, joyeux et coloré se prolonge ainsi jusqu'au bout de la nuit.
Colorés et joyeux, les masques et les marionnettes du théâtre Sogobò au Mali révèlent leur véritable beauté et leur énergie profonde en dansant au coeur des fêtes traditionnelles, entourés de liesse populaire et de musique. Ces oeuvres sont entièrement au service de la création collective qu'est la performance. La beauté de cet art théâtral n'est pas seulement visuelle et musicale, elle vient tout autant de la nature collective et enthousiaste de la performance, du dialogue actif établi entre le public et les artistes, de l'intensité du moment partagé.
Ainsi chez le Bamana, les Malinké et les Bozo du Mali, le théâtre de masques et de marionnettes s'inscrit dans le contexte de grandes fêtes populaires. Ces fêtes, destinées à divertir la communauté, se caractérisent par une pluridisciplinarité remarquable puisqu'elles associent musique, chant, danse, acrobatie et théâtre. L'expressivité des masques et des marionnettes est renforcée par la gaieté de la musique et la virtuosité de la danse. La participation active et enthousiaste de l'ensemble de la communauté contribue en outre à faire de ces représentations théâtrales des temps forts de la vie du village. Mais, bien plus encore qu'une fête populaire, la danse des masques et des marionnettes est aussi une cérémonie destinée à honorer les esprits et à attirer leur bienveillance sur le village.
Introduction
Un jour de fête à Pélenguéna, janvier 2002. Avant que le spectacle ne commence, les jeunes de l'association se retrouvent dans une cour pour partager un repas. Il s'agit de prendre des forces avant une nuit de fête qui s'annonce éprouvante pour les danseurs, les comédiens, les musiciens et les chanteuses. Les dernières retouches sont apportées aux costumes des créatures mystérieuses et multicolores qui vont danser le soir même. Les masques et les marionnettes, fraîchement repeints pour la fête, arborent leurs vives couleurs comme un présage de bonne humeur. Les castelets en forme d'animaux, recouverts de paille et d'étoffes chatoyantes, attendent d'être amenés jusqu'à la place de danse. La soirée se déroule sur la grande place du quartier de Pélenguéna à Ségou. L'ambiance est joyeuse. Les habitants de Pélenguéna et des alentours arrivent petit à petit, chacun arborant une tenue de fête colorée et raffinée. La danse des masques et des marionnettes Sogobò est un événement important auquel chacun souhaite participer. L'affluence est telle que la place est à pein assez grande pour accueillir tout le monde. Les plus audacieux montent sur les toits ou sur les branches des arbres voisins. Au début de la soirée, l'agitation est à son comble. L'orchestre joue, les enfants dansent, crient et se chahutent, le public exprime bruyamment sa joie et son impatience... Les danseurs arrivent les premiers sur la place de danse. Après quelques acrobaties et facéties, ils quittent la place. A peine quelques minutes après, les voilà de retour accompagnés des acteurs majeurs de la soirée, les maques et les marionnettes. Ces créatures mystérieuses surgissent brusquement à travers la foule et prennent possession de la place de danse. Les applaudissements et les exclamations fusent de toutes parts. Les imposants castelets en forme de buffle, de vache ou d'antilope dansent majestueusement au centre de la place, acclamés par le public. Ils s'immobilisent enfin ; les marionnettes juchées sur leur dos ou sur leur tête prennent alors vie pour le plus grand plaisir du public. Les castelets sont d'énormes animaux dont le corps est constitué d'une armature rigide, en bois ou en bambou, recouverte de paille et de tissu coloré. Leur stature majestueuse permet à deux ou trois hommes d'y prendre place. A l'avant des castelets sont fixées des têtes d'animaux en bois sculpté, elles aussi de taille imposante : certaines mesurent plus de deux mètres de haut. Outre ces gros animaux portant sur leur dos de petits personnages animés, le spectacle est assuré par d'immenses marionnettes habitables et de danseurs masqués. Ces créatures colorées qui envahissent tour à tour la place de danse, incarnent des animaux, des hommes ou des esprits. Entre chaque performance de masques ou de marionnettes, des intermèdes sont assurés par les acrobates, les danseurs et les pitres de l'association. De temps à autre, la place est offerte au public afin que les plus audacieux puissent venir danser et laisser libre cours à leur talent. Le spectacle riche, joyeux et coloré se prolonge ainsi jusqu'au bout de la nuit.
Colorés et joyeux, les masques et les marionnettes du théâtre Sogobò au Mali révèlent leur véritable beauté et leur énergie profonde en dansant au coeur des fêtes traditionnelles, entourés de liesse populaire et de musique. Ces oeuvres sont entièrement au service de la création collective qu'est la performance. La beauté de cet art théâtral n'est pas seulement visuelle et musicale, elle vient tout autant de la nature collective et enthousiaste de la performance, du dialogue actif établi entre le public et les artistes, de l'intensité du moment partagé.
Ainsi chez le Bamana, les Malinké et les Bozo du Mali, le théâtre de masques et de marionnettes s'inscrit dans le contexte de grandes fêtes populaires. Ces fêtes, destinées à divertir la communauté, se caractérisent par une pluridisciplinarité remarquable puisqu'elles associent musique, chant, danse, acrobatie et théâtre. L'expressivité des masques et des marionnettes est renforcée par la gaieté de la musique et la virtuosité de la danse. La participation active et enthousiaste de l'ensemble de la communauté contribue en outre à faire de ces représentations théâtrales des temps forts de la vie du village. Mais, bien plus encore qu'une fête populaire, la danse des masques et des marionnettes est aussi une cérémonie destinée à honorer les esprits et à attirer leur bienveillance sur le village.