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Les associations traditionnelles
Néanmoins, l’idée que le théâtre de masques et de marionnettes est une tradition bozo, que les Bamana et les Malinké auraient apprise à leur contact, peut probablement être nuancée. Cette forme d'art a ainsi une réelle importance chez les Bamana comme chez les Malinké, y compris d’ailleurs dans des zones suffisamment éloignées du fleuve pour que le lien avec les Bozo semble ténu. La pratique du théâtre de masques et de marionnettes est ainsi avérée dans la région de Kita (1), dans la région des monts Mandingues (2) (sud-ouest de Bamako) ainsi qu'au sud-est de Bamako (3). En raison des liens forts qui unissent ces peuples depuis des siècles, il semble difficile de connaître précisément l’origine du théâtre de masques et de marionnettes pratiqué par les Bamana, les Bozo et les Malinké. Les différences qui existent au niveau des types d'objets mis en scène, des formes de spectacles et de la dénomination des festivités, montrent qu'il existe une réelle diversité des expressions théâtrales au Mali.
Ces traditions théâtrales coexistent, s'influencent et s'enrichissent tant au niveau des formes que des thèmes, mais il semble difficile d’en définir une comme étant à l’origine des autres. Ces expressions théâtrales présentent de nombreuses similitudes qui tendent à montrer qu'elles ont une origine commune et qu'elles constituent peut-être un héritage culturel ancien commun aux peuples Bamana, Malinké et Bozo : chaque communauté a ensuite fait évoluer cet héritage culturel en fonction de son histoire et de son identité particulière.
Au Mali, les représentations théâtrales sont organisées par des associations traditionnelles appelées ton. Ces "troupes" villageoises regroupaient traditionnellement tous les jeunes gens d'un même quartier ou d'un même village ; aujourd'hui, elles se sont bien souvent élargies pour fédérer l'ensemble des adultes actifs. Ces associations traditionnelles assument des fonctions éducatives, sociales, économiques et culturelles (4). Les associations organisent des travaux collectifs destinés à garantir des revenus à l'association. Les sociétaires peuvent également travailler gratuitement au bénéfice de l'un d'entre d'eux, l'association fonctionnant alors comme une société d'entraide. Le rôle social des ton s'exprime aussi à travers le soutien apporté aux personnes les plus faibles de la communauté (les malades, les personnes âgées isolées ou encore les veuves). Enfin, cette notion de solidarité sociale se manifeste par la prise en charge de travaux collectifs non rémunérés dans l'intérêt de la communauté villageoise (entretien des infrastructures du village : routes, ponts, puits, écoles, etc.). A travers ces travaux réalisés pour le bien-être de la communauté ou au service des plus démunis, l'association enseigne à ses membres un comportement citoyen.
Les associations traditionnelles s'impliquent en outre dans la vie du village en organisant des réjouissances destinées à divertir l'ensemble de la communauté : théâtre de masques et de marionnettes, théâtre de comédiens, fêtes vouées à la musique et à la danse ou encore veillées consacrées à la récitation de contes et de légendes. Les activités culturelles de l'association permettent à l'ensemble de la communauté villageoise de se retrouver pour partager un moment de joie et de communication, ce qui permet de renforcer la cohésion sociale.
Les adolescents sont initiés à l'art des masques et des marionnettes par leurs aînés lorsqu'ils deviennent membre de l'association. Ils apprennent à danser, à porter les masques ou à manipuler les marionnettes. Ils découvrent aussi la richesse symbolique des personnages et les chants qui leur sont associés. par les masques et les marionnettes, les jeunes gens sont amenés à s'approprier leur patrimoine culturel pour mieux le perpétuer ensuite.
Les associations de jeunesse occupent une place à part au sein de la société dans la mesure où ce sont les rares structures traditionnelles regroupant à la fois les jeunes hommes et les jeunes femmes.
patrimoniale du Pôle International
de la Marionnette - Jacques Félix.
Les femmes sont groupées au sein d'une association parallèle à celle des hommes. Pour l'organisation des fêtes, les deux associations travaillent en collaboration. Seuls les hommes sont autorisés à faire danser les masques et les marionnettes, mais les femmes participent tout de même de façon très active aux fêtes, durant les préparatifs et pendant les festivités. Au sein de sociétés fortement hiérarchisées et cloisonnées en fonction du sexe et de l'âge, le théâtre de masques et de marionnettes apparaît alors comme un facteur remarquable de cohésion et d'harmonie sociale. En effet, les représentations théâtrales traditionnelles offrent à toute la communauté, sans distinction d'âge, de sexe ou d'origine ethnique, l'occasion unique de se retrouver pour partager des moment privilégiés de communication, de création et de liesse populaire.
- La célèbre mission Dakar-Djibouti, dirigée par Marcel Griaule et organisée par le musée d'ethnographie du Trocadéro, collecta ainsi en 1931 à Kita un théâtre de marionnettes composé d'un castelet en forme d'antilope et de trois marionnettes à tiges (deux personnages et un oiseau).
- Amaëlle Favreau (2009) et Patrick McNaughton (1988).
- Mamadou Samake a notamment observé cette tradition dans les villages bamana de Koniobla et de Dara.
- Etienne (1991), Tamba (2001), Paulme (1971), Ligers (1964), Imperato (1980), Brink (1977).
Les associations traditionnelles
Néanmoins, l’idée que le théâtre de masques et de marionnettes est une tradition bozo, que les Bamana et les Malinké auraient apprise à leur contact, peut probablement être nuancée. Cette forme d'art a ainsi une réelle importance chez les Bamana comme chez les Malinké, y compris d’ailleurs dans des zones suffisamment éloignées du fleuve pour que le lien avec les Bozo semble ténu. La pratique du théâtre de masques et de marionnettes est ainsi avérée dans la région de Kita (1), dans la région des monts Mandingues (2) (sud-ouest de Bamako) ainsi qu'au sud-est de Bamako (3). En raison des liens forts qui unissent ces peuples depuis des siècles, il semble difficile de connaître précisément l’origine du théâtre de masques et de marionnettes pratiqué par les Bamana, les Bozo et les Malinké. Les différences qui existent au niveau des types d'objets mis en scène, des formes de spectacles et de la dénomination des festivités, montrent qu'il existe une réelle diversité des expressions théâtrales au Mali.
Ces traditions théâtrales coexistent, s'influencent et s'enrichissent tant au niveau des formes que des thèmes, mais il semble difficile d’en définir une comme étant à l’origine des autres. Ces expressions théâtrales présentent de nombreuses similitudes qui tendent à montrer qu'elles ont une origine commune et qu'elles constituent peut-être un héritage culturel ancien commun aux peuples Bamana, Malinké et Bozo : chaque communauté a ensuite fait évoluer cet héritage culturel en fonction de son histoire et de son identité particulière.
Au Mali, les représentations théâtrales sont organisées par des associations traditionnelles appelées ton. Ces "troupes" villageoises regroupaient traditionnellement tous les jeunes gens d'un même quartier ou d'un même village ; aujourd'hui, elles se sont bien souvent élargies pour fédérer l'ensemble des adultes actifs. Ces associations traditionnelles assument des fonctions éducatives, sociales, économiques et culturelles (4). Les associations organisent des travaux collectifs destinés à garantir des revenus à l'association. Les sociétaires peuvent également travailler gratuitement au bénéfice de l'un d'entre d'eux, l'association fonctionnant alors comme une société d'entraide. Le rôle social des ton s'exprime aussi à travers le soutien apporté aux personnes les plus faibles de la communauté (les malades, les personnes âgées isolées ou encore les veuves). Enfin, cette notion de solidarité sociale se manifeste par la prise en charge de travaux collectifs non rémunérés dans l'intérêt de la communauté villageoise (entretien des infrastructures du village : routes, ponts, puits, écoles, etc.). A travers ces travaux réalisés pour le bien-être de la communauté ou au service des plus démunis, l'association enseigne à ses membres un comportement citoyen.
Les associations traditionnelles s'impliquent en outre dans la vie du village en organisant des réjouissances destinées à divertir l'ensemble de la communauté : théâtre de masques et de marionnettes, théâtre de comédiens, fêtes vouées à la musique et à la danse ou encore veillées consacrées à la récitation de contes et de légendes. Les activités culturelles de l'association permettent à l'ensemble de la communauté villageoise de se retrouver pour partager un moment de joie et de communication, ce qui permet de renforcer la cohésion sociale.
Les adolescents sont initiés à l'art des masques et des marionnettes par leurs aînés lorsqu'ils deviennent membre de l'association. Ils apprennent à danser, à porter les masques ou à manipuler les marionnettes. Ils découvrent aussi la richesse symbolique des personnages et les chants qui leur sont associés. par les masques et les marionnettes, les jeunes gens sont amenés à s'approprier leur patrimoine culturel pour mieux le perpétuer ensuite.
Les associations de jeunesse occupent une place à part au sein de la société dans la mesure où ce sont les rares structures traditionnelles regroupant à la fois les jeunes hommes et les jeunes femmes.
patrimoniale du Pôle International
de la Marionnette - Jacques Félix.
Les femmes sont groupées au sein d'une association parallèle à celle des hommes. Pour l'organisation des fêtes, les deux associations travaillent en collaboration. Seuls les hommes sont autorisés à faire danser les masques et les marionnettes, mais les femmes participent tout de même de façon très active aux fêtes, durant les préparatifs et pendant les festivités. Au sein de sociétés fortement hiérarchisées et cloisonnées en fonction du sexe et de l'âge, le théâtre de masques et de marionnettes apparaît alors comme un facteur remarquable de cohésion et d'harmonie sociale. En effet, les représentations théâtrales traditionnelles offrent à toute la communauté, sans distinction d'âge, de sexe ou d'origine ethnique, l'occasion unique de se retrouver pour partager des moment privilégiés de communication, de création et de liesse populaire.
- La célèbre mission Dakar-Djibouti, dirigée par Marcel Griaule et organisée par le musée d'ethnographie du Trocadéro, collecta ainsi en 1931 à Kita un théâtre de marionnettes composé d'un castelet en forme d'antilope et de trois marionnettes à tiges (deux personnages et un oiseau).
- Amaëlle Favreau (2009) et Patrick McNaughton (1988).
- Mamadou Samake a notamment observé cette tradition dans les villages bamana de Koniobla et de Dara.
- Etienne (1991), Tamba (2001), Paulme (1971), Ligers (1964), Imperato (1980), Brink (1977).