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Monde des esprits, monde des hommes
Les religions traditionnelles du Mali sont qualifiées d' "animistes" dans le sens où elles honorent des esprits puissants liés à la nature. Les mythes religieux traditionnels sont une source d'inspiration importante pour le théâtre.
Faro, divinité majeure honorée à la fois par les Bozo, les Malinké et les Bamana, est associée au ciel et au monde de l'eau. Faro représente l'harmonie, l'équilibre et la modération, qui sont des valeurs fondamentales au Mali. Cette divinité est l'image de le perfection tant physique que morale et de nombreuses marionnettes sont sculptées en son honneur.
Au Mali, les esprits de la nature sont appelés jinè. Ils peuvent être définis comme des esprits puissants, invisibles mais omniprésents. Selon les mythes et les légendes de cette région, les jinè sont les premiers êtres créés par Dieu.
Les esprits de la brousse sont perçus comme ambivalents : ils peuvent être bons s'ils sont honorés comme ils le souhaitent, mais peuvent également se montrer cruels s'ils se sentent bafoués ou méprisés. Les esprits de la nature sont donc craints et respectés à travers tout le Mali. Le théâtre traditionnel leur réserve une place prépondérante. Les esprits associés à l’eau, jiden, sont honorés par les hommes pour que les pluies soient généreuses, la terre fertile et les récoltes abondantes. Les Bozo honorent les esprits du fleuve pour assurer le succès de la pêche et la sécurité des hommes sur le fleuve.
Pour ce qui est du monde des hommes, le théâtre de masques et de marionnettes met en scène les archétypes qui permettent de définir la société dans son ensemble. Le théâtre conduit donc la communauté à mener une réflexion collective sur son identité. Tous les domaines de la vie quotidienne traditionnelle sont dépeints : les éleveurs peuls, les piroguiers bozo, les agriculteurs bamana. Les tâches du quotidien comme les activités professionnelles spécialisées sont évoquées : les chasseurs, les musiciens, les griots, les pileuses, les tisserands, les couturiers et même les fonctionnaires ou les ethnologues.
Musée de l'Ardenne - photo Christophe Loiseau
La représentation dans le théâtre de masques et de des marionnettes de la diversité des activités traditionnellement exercées au sein du village permet d'évoquer les multiples facettes de la vie villageoise et d'évoquer la cohésion de l'ensemble où chacun œuvre pour le bien de la communauté. Valoriser ainsi les activités du quotidien permet en outre de rendre hommage aux hommes et aux femmes du village.
Dans les sociétés traditionnelles bamana, bozo et malinké, les chasseurs, donso, sont respectés pour leur courage et leur parfaite connaissance de la brousse. Ils sont particulièrement admirés par la population puisqu'ils affrontent le monde de la brousse, perçu comme dangereux et hostile., Ils symbolisent la force et le courage de ceux qui parviennent à vaincre les animaux les plus puissants de la brousse.
La figure du cavalier illustre la puissance des nobles guerriers et la richesse. En Afrique de l'Ouest, posséder un cheval est resté longtemps un privilège réservé aux élites politiques et militaires. Les marionnettes de cavalier peuvent notamment faire référence aux prestigieux guerriers des empires médiévaux du Ghana et du Mali et mettent alors en valeur le passé glorieux du pays.
La puissance politique peut également être évoquée par la représentation des colons à cheval, brandissant un fusil ou un fouet. C'est alors le caractère despotique et violent de la puissance coloniale qui est mis en avant.
La représentation des personnages historiques permet d'évoquer la passé : Soundiata Keita, le dictateur Moussa Traoré, le général de Gaulle, etc.
Photo : Christophe Loiseau.
Musée de l'Ardenne.
La femme est source majeure dans la création plastique africaine et elle constitue un des thème privilégiés du théâtre de masques et de marionnettes au Mali. La place de la femme est en effet considérable en Afrique, dans la société comme l’art. La femme donne la vie et garantit la continuité du lignage. Nourricière, elle est associée à la terre : elle symbolise l'abondance et la fertilité. Elle est aussi sensuelle et sa beauté a beaucoup inspiré les artistes. La séduction d’une femme est d’ailleurs évaluée sur le plan de la beauté physique mais aussi en fonction de ses qualités morales : modestie, réserve, générosité, dignité, courage et abnégation sont des qualités jugées importantes pour que la femme puisse jouer son rôle d'épouse et de mère. Maternelle, la femme rassure et protège le lignage ; séductrice, elle suscite la méfiance. Cette ambivalence est largement soulignée dans le théâtre de masques et de marionnettes du Mali : les qualités d'épouse et de mère sont valorisées tandis que la légèreté, la vanité et la frivolité sont condamnées. Les personnages mis en scène dans le cadre du théâtre de masques et de marionnettes incitent à une réflexion sur les rapports entre les hommes et les femmes au sein de la société : séduction, mariage, infidélité, polygamie.
Monde des esprits, monde des hommes
Les religions traditionnelles du Mali sont qualifiées d' "animistes" dans le sens où elles honorent des esprits puissants liés à la nature. Les mythes religieux traditionnels sont une source d'inspiration importante pour le théâtre.
Faro, divinité majeure honorée à la fois par les Bozo, les Malinké et les Bamana, est associée au ciel et au monde de l'eau. Faro représente l'harmonie, l'équilibre et la modération, qui sont des valeurs fondamentales au Mali. Cette divinité est l'image de le perfection tant physique que morale et de nombreuses marionnettes sont sculptées en son honneur.
Au Mali, les esprits de la nature sont appelés jinè. Ils peuvent être définis comme des esprits puissants, invisibles mais omniprésents. Selon les mythes et les légendes de cette région, les jinè sont les premiers êtres créés par Dieu.
Les esprits de la brousse sont perçus comme ambivalents : ils peuvent être bons s'ils sont honorés comme ils le souhaitent, mais peuvent également se montrer cruels s'ils se sentent bafoués ou méprisés. Les esprits de la nature sont donc craints et respectés à travers tout le Mali. Le théâtre traditionnel leur réserve une place prépondérante. Les esprits associés à l’eau, jiden, sont honorés par les hommes pour que les pluies soient généreuses, la terre fertile et les récoltes abondantes. Les Bozo honorent les esprits du fleuve pour assurer le succès de la pêche et la sécurité des hommes sur le fleuve.
Pour ce qui est du monde des hommes, le théâtre de masques et de marionnettes met en scène les archétypes qui permettent de définir la société dans son ensemble. Le théâtre conduit donc la communauté à mener une réflexion collective sur son identité. Tous les domaines de la vie quotidienne traditionnelle sont dépeints : les éleveurs peuls, les piroguiers bozo, les agriculteurs bamana. Les tâches du quotidien comme les activités professionnelles spécialisées sont évoquées : les chasseurs, les musiciens, les griots, les pileuses, les tisserands, les couturiers et même les fonctionnaires ou les ethnologues.
Musée de l'Ardenne - photo Christophe Loiseau
La représentation dans le théâtre de masques et de des marionnettes de la diversité des activités traditionnellement exercées au sein du village permet d'évoquer les multiples facettes de la vie villageoise et d'évoquer la cohésion de l'ensemble où chacun œuvre pour le bien de la communauté. Valoriser ainsi les activités du quotidien permet en outre de rendre hommage aux hommes et aux femmes du village.
Dans les sociétés traditionnelles bamana, bozo et malinké, les chasseurs, donso, sont respectés pour leur courage et leur parfaite connaissance de la brousse. Ils sont particulièrement admirés par la population puisqu'ils affrontent le monde de la brousse, perçu comme dangereux et hostile., Ils symbolisent la force et le courage de ceux qui parviennent à vaincre les animaux les plus puissants de la brousse.
La figure du cavalier illustre la puissance des nobles guerriers et la richesse. En Afrique de l'Ouest, posséder un cheval est resté longtemps un privilège réservé aux élites politiques et militaires. Les marionnettes de cavalier peuvent notamment faire référence aux prestigieux guerriers des empires médiévaux du Ghana et du Mali et mettent alors en valeur le passé glorieux du pays.
La puissance politique peut également être évoquée par la représentation des colons à cheval, brandissant un fusil ou un fouet. C'est alors le caractère despotique et violent de la puissance coloniale qui est mis en avant.
La représentation des personnages historiques permet d'évoquer la passé : Soundiata Keita, le dictateur Moussa Traoré, le général de Gaulle, etc.
Photo : Christophe Loiseau.
Musée de l'Ardenne.
La femme est source majeure dans la création plastique africaine et elle constitue un des thème privilégiés du théâtre de masques et de marionnettes au Mali. La place de la femme est en effet considérable en Afrique, dans la société comme l’art. La femme donne la vie et garantit la continuité du lignage. Nourricière, elle est associée à la terre : elle symbolise l'abondance et la fertilité. Elle est aussi sensuelle et sa beauté a beaucoup inspiré les artistes. La séduction d’une femme est d’ailleurs évaluée sur le plan de la beauté physique mais aussi en fonction de ses qualités morales : modestie, réserve, générosité, dignité, courage et abnégation sont des qualités jugées importantes pour que la femme puisse jouer son rôle d'épouse et de mère. Maternelle, la femme rassure et protège le lignage ; séductrice, elle suscite la méfiance. Cette ambivalence est largement soulignée dans le théâtre de masques et de marionnettes du Mali : les qualités d'épouse et de mère sont valorisées tandis que la légèreté, la vanité et la frivolité sont condamnées. Les personnages mis en scène dans le cadre du théâtre de masques et de marionnettes incitent à une réflexion sur les rapports entre les hommes et les femmes au sein de la société : séduction, mariage, infidélité, polygamie.